Prenons maintenant en compte les investissements de plusieurs pays dans la gestion de courses ou de flottes de bateaux, investissements réalisés afin de dynamiser leur image et leur industrie nautique.

Témoin, l’Espagne, qui, sous l’impulsion du Roi, a notamment donné en 2006 le départ de la Volvo Ocean Race à Vigo et de la course autour du monde Velux-5 Oceans à Gexto Bilbao. En novembre 2007, la Barcelona World Race est partie de… Barcelone. Et la Volvo Race 2008-09 est partie d’Alicante le 11 octobre dernier… sans oublier la Coupe de l’America, dont la dernière édition a été organisée à Valence !

A titre d’illustration, une rapide évaluation de l’économie générale de la 32e édition de la Coupe fixe les budgets consacrés par les organisateurs et par les syndicats à 1 300 millions d’euros environ !

Autre pays ambitieux, la Suède, qui gère un énorme syndicat à deux bateaux (Ericsson 3 et 4) pour la Volvo Ocean Race, projets à 25 millions d’euros environ chacun. La Suède a acheté sept trimarans ORMA Français afin de créer un vrai circuit de courses océaniques dans ses eaux. Objectif : faire participer les grosses sociétés mondiales et d’Europe du Nord d’«entertainment» en leur organisant, autour des compétitions, d’importantes opérations de RP.

Citons bien sûr aussi la Nouvelle-Zélande qui, après avoir perdu la Coupe au profit de la Suisse, a mis en place une véritable campagne nationale de reconquête de l’aiguière d’argent. Coup estimé de la campagne kiwi : entre 70 et 100 millions d’euros.

En France également, la Fédération française de voile et les élus ont pris la mesure des enjeux économiques des courses océaniques. La FFV anime, depuis 1992, avec l’aide du Conseil général du Finistère et de Jeunesse et Sports, une structure de formation à la course au large unique au monde : le Pôle France de Port-La Forêt.

Elle forme ainsi les meilleurs marins de la course océanique, les skippers de la Solitaire du Figaro, du Vendée Globe mais également les équipages de la Transat Jacques Vabre. Tous les grands noms de la voile française et anglaise sont passés à Port La Forêt. Budget annuel : 300 000 euros.

Le Pays de Lorient, en plus de la Cité Eric Tabarly, a récemment créé une structure d’accompagnement et d’animation de la filière nautique. Une véritable «Silicon Valley» de la voile. Les chiffres qui justifient la création d’Euro Course au Large sont éloquents. L’économie de cette activité représente, au niveau national, 110 à 120 millions d’euros par an en moyenne. Dont 10 % viennent des collectivités et 90% du secteur privé.

Ces budgets financent, par des actions de sponsoring ou de partenariat, les courses pour 17 millions d’euros et les bateaux et équipages pour 68 millions d’euros.