Née en 1973, parrainée par l’un des tout premiers sponsors de la voile, la brasserie Whitbread (déjà présente en 1966 aux côtés de Chichester), la Whitbread Race est «la» grande épreuve océanique en équipage autour du monde. C’est une compétition organisée tous les quatre ans.

Les noms de Peter Blake, Eric Tabarly, Grant Dalton, Chris Dickson, Paul Cayard, Chay Blith, Mike Sanderson et Robin Knox-Johnston brillent au panthéon de cette institution.

La Whitbread est la parfaite illustration de l’antagonisme entre les Français et les Anglais.
Pen Duick VI, le ketch d’Eric Tabarly, fut disqualifié de la course dès la première édition par un Comité qui jugea hors règlement sa quille en uranium appauvri. Tabarly ne le pardonna jamais aux Anglais.


Pen Duick VI, le grand malchanceux, le grand perdant de la Whitbread 1973. © François Chevalier.

Les pays
Depuis sa création en 1973, bien des pays s’y sont risqués, mais bien peu s’en sont sortis avec les honneurs.
En 2005, l’Australie, la Suède, la Hollande, l’Espagne, et le Brésil ont engagé des bateaux.
En 2008, la dixième édition compte huit équipages représentant des pays habitués du circuit (Etats-Unis, Suède, Espagne, Pays-Bas…), mais aussi des pavillons plus inhabituels comme la Russie, l’Irlande et la Chine.

Les bateaux
Au fur et à mesure des éditions, les bateaux ont évolué en fonction du règlement qui est passé d’une jauge souple à une jauge contraignante, puis aux semi-monotypes, jusqu’à ce qu’une jauge rigoureuse, nommée Whitbread Ocean Race 60, puis VOR 60 et VO 70, impose un type de monocoque. Taillés pour faire le tour du monde à haute vitesse, les Volvo 70 sont capables de marcher entre 25 et 30 nœuds et couvrent, à l’image d’Ericsson 4, mené en 2008-09 par le Brésilien Torben Grael, près de 600 milles par 24 heures, soit des moyennes de 25 nœuds sur une journée !


ABN-Amro 1, vainqueur de la Volvo Ocean Race 2005-2006, barré par Mike Sanderson.
© François Chevalier.

Les VO 70 sont conçus pour résister aux pires conditions tout en communiquant en permanence avec la terre. Un exercice prisé surtout par les Anglo-Saxons et les descendants des Vikings.

Quelques chiffres pour illustrer cette compétition.
• Elle a émerveillé plusieurs générations de navigateurs anglo-saxons, d’Europe du Nord mais aussi de France.
• Pas un nom connu de la course au large dans le monde ne manque à l’appel des Cap-Horniers de la Whitbread.
• Elle a été remportée une seule fois par un équipage français, en 1985-86 par L’Esprit d’Equipe, skippé par Lionel Péan.
• Aujourd’hui, un VO 70 mesure un peu plus de 20 mètres, coûte quatre millions d’euros – sans voiles ni électronique.
• La campagne d’un bateau vaut 12 millions d’euros sur le plan technique et 14 millions d’euros pour le marketing. Soit un total de plus de 25 millions d’euros pour un bateau pour quatre ans (fourchette haute).
• Le budget consacré par Volvo pour l’organisation serait de 20 millions de dollars US.

La Volvo Ocean Race est un événement organisé, pensé et géré selon le mode anglo-saxon. Et le plus souvent dominé par un équipage anglo-saxon, sinon nordique.
A noter enfin que le parcours de l’édition 2008-09 est inédit, puisqu’il passe notamment par l’Inde et la Chine. Un parcours intéressant pour les marins, certes. Mais aussi – et surtout – pour les sponsors…