S’il faut signaler le fossé culturel qui sépare les Anglo-Saxons et les Latins dans leur approche des courses, il convient de constater que, depuis peu, celui-ci se réduit heureusement. Quelques exemples nous montrent ce rapprochement.

En solitaire, on a d’abord vu arriver des Josh Hall et autres Mike Golding dans le Vendée Globe. Ayant d’abord couru la Mini, francophone et francophile, Ellen MacArthur a nettement confirmé cette voie, dès 2000 en Angleterre, elle aussi dans le Vendée Globe – qu’elle termine en seconde position, après avoir sérieusement malmené Michel Desjoyeaux ! Si Mike Golding est plus que jamais là, aujourd’hui, il faut lui rajouter Conrad Humpreys ou Alex Thomson, tous Britanniques et très pressés de bousculer les Français chez eux.

En équipage, le Français Sébastien Josse, un grand spécialiste du solitaire sur le Figaro et le Vendée Globe, a été sélectionné pour être le skipper d’ABN-Amro 2 lors la Volvo Race 2005 (il y a battu le record de la distance parcourue sur 24 heures, avec 563 milles  avalés à 23,5 nœuds). Sidney Gavignet, chef de quart sur ABN-Amro 1, vainqueur de l’épreuve en 2005-06 aux côtés de «Mouse» Sanderson, est reparti en 2008 comme chef de quart sur Puma, tandis que Laurent Pagès tient le même rôle à bord du VO 70 espagnol Telefónica Blue. A chaque édition, des équipiers français occupent des postes-clés sur des bateaux anglo-saxons.

Bertrand Pacé est l’un des meilleurs spécialistes mondiaux en match-racing. Après avoir navigué avec les Néo-Zélandais lors de la dernière Coupe, il occupe désormais l’un des plus gros postes dans le syndicat BMW-Oracle, l’un des seuls à pouvoir inquiéter les Suisses d’Alinghi dans la Coupe. Une bonne dizaine de Français occupent des postes stratégiques dans divers syndicats de la Coupe.

En bref, les cultures se rapprochent, et la pratique des courses tend à s’internationaliser.