Créée en 1984 par Michel Etevenon pour fêter les 450 ans de la découverte du Québec par Jacques Cartier, cette transatlantique se court également tous les quatre ans.

La course figure l’apogée de la course océanique en termes de gigantisme et de nombre de participants. Lorsque Etevenon l’annonce, les navigateurs, au sommet de leurs budgets et de leur appétit de vitesse et d’aventure, entreprennent de construire des bateaux aux dimensions extravagantes.

Les bateaux
C’est ainsi que naissent les Fleury-Michon, William Saurin, Tag-Heuer, Charles Heidsieck, Charente-Maritime… La taille de ces trimarans et catamarans varie entre 20 à 27 mètres, et demandent entre 10 et 20 personnes d’équipage. On est très proche de l’esprit d’innovation qui règne à l’époque des clippers vers 1850 aux États-Unis.

La première édition est saluée par une flotte de 51 bateaux pour une superproduction océanique dont les acteurs se nomment Tabarly, Pajot, Poupon, Riguidel, Arthaud, Caradec, Facque, Peyron, Birch… Près d’un million de spectateurs se pressent sur les berges du Saint Laurent pour le départ.

Les pays
Tous les grands pays – dont l’Italie et la Belgique – y sont représentés par 35 multicoques.
Tous les grands sponsors de la voile ont armé un bateau. Parmi lesquels pas moins de neuf régions – Nord-Pas de Calais, Région Centre, Pays Basque, Picardie, Haute-Savoie, Guadeloupe, Wallonie et Saguenay, et trois villes Antibes, Saint-Jean et Birmingham !

Il est difficile d’imaginer, vingt ans après, un tel engouement, de tels investissements publics et privés autour d’une course.

Le vainqueur, Charente-Maritime, empoche 100 000 dollars à l’arrivée, en pleine saison touristique à Saint-Malo… Le show est parfait, à la hauteur du talent de son créateur.

Budget oblige, ce sera le dernier de cette dimension. Car la taille des bateaux sera diminuée à 18,28 mètres au maximum, le nombre de bateaux engagés sera divisé par deux ou trois au cours des autres éditions, et les budgets alloués à chaque bateau seront drastiquement revus à la baisse après cette première édition.

Quoi qu’il en soit, la transat Québec/Saint-Malo est dominée sans partage depuis 1984 par les skippers français.