La Solitaire du Figaro, née Course de l’Aurore, est un peu le «championnat d’Europe de la navigation en solitaire». C’est une compétition annuelle. Et, surtout, difficile. Très difficile.

Née en 1970, cette épreuve au format original s’articule autour de quatre étapes d’environ 400 milles chacune, soit trois à quatre jours de mer à chaque étape. La course étend ses ailes entre la France, la Grande-Bretagne ou l’Irlande, et l’Espagne. Résultat, une compétition excessivement rude, qui se situe entre le sprint et le 1500 mètres, en tout cas menée sur un rythme de 100 mètres durant un mois ! Ce qui se fait de plus difficile en matière de solitaire.

Son créateur, Jean-Michel Barrault, l’a surnommée «l’ENA de la voile». Expression sans faille. Sauf qu’il est rare qu’un ministre ou qu’un préfet retourne à l’ENA lorsqu’il est en exercice ! Poupon, Desjoyeaux, Le Cam, Riou, Gautier, Arthaud reviennent régulièrement goûter à l’ultime raffinement sportif de la Solitaire, à sa grande générosité sur le plan humain, alors qu’ils ont en poche une victoire dans le Vendée Globe, la Route du Rhum, la Transat anglaise – quand ils ne cumulent pas les trois diplômes.

Les pays
Si l’on retrouve tous les pays d’Europe au départ, la majorité des skippers sont français.

Les bateaux
Parfaitement identiques, les Figaro Bénéteau 2 (plan Lombard de 10,15 mètres et 3 tonnes) constituent une série monotype qui sort des chaînes de fabrication du chantier vendéen éponyme.


Le monotype aujourd’hui utilisé pour la Solitaire
du Figaro, le Figaro Bénéteau 2. © François Chevalier.

La compétition se joue à armes égales, à l’exception du talent du navigateur, de son expertise météo, de sa capacité tactique, de son expérience stratégique, de sa connaissance de la gestion du sommeil, de la nutrition, de sa force mentale…

Quelques chiffres pour illustrer la compétition.
• Plus de 600 skippers ont déjà pris le départ de cette course.
• Tous les grands noms de la voile, à l’exception de Eric Tabarly et de Titouan Lamazou, s’y sont arrêtés, quelquefois durant dix années consécutives avant de la gagner.
• Seulement deux navigateurs l’ont remporté trois fois : Poupon et Le Cam.
• Le Cam est le seul navigateur à avoir remporté dix étapes.
• Un bateau coûte 130 000 euros environ.
• Une saison coûte entre 100 et 200 000 euros.
• 13 secondes séparaient à l’arrivée le vainqueur Armel Le Cléac’h de son dauphin Alain Gautier en 2003.

Alors que l’année 2009 marquera la quarantième édition de la Solitaire, cet exercice ultime de navigation en solitaire est jusqu’à présent totalement dominé par les skippers français.