Au terme de toute cette réflexion, la question du monopole français sur les grandes courses océaniques peut naturellement venir à l’esprit. Mais, comme nous venons de le voir, la réponse n’est pas binaire.

Sur un plan historique, l’invention des courses océaniques – comme celle de nombreux autres sports, football, rugby ou cricket – est anglaise. Mais, dans la pratique, les pays neufs ont dominé et dominent les courses. Les Etats-Unis pour la Coupe de l’America, durant 132 ans. Relayés ensuite par l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Suisse. Les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande et la Suède pour la Volvo Race.

Dans ces courses, l’esprit d’équipe fait merveille, ainsi qu’une organisation millimétrée, quasi militaire, des budgets conséquents regroupés pour une cause souvent considérée d’importance nationale, et l’implication sans faille de tout un pays, derrière une seule équipe dirigée par un seul homme. Car il convient d’exploiter au mieux la latitude très faible que vous donne une jauge très contraignante.

La France, et l’Italie dans une moindre mesure, sont maîtres dans la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, le Vendée Globe, le Boc Challenge, les Transats ou la Mini 6,50. La formule en solitaire et au large, que les Anglo-Saxons considèrent avec étonnement ou suspiscion, fait merveille. Car il convient d’improviser avec talent, de réfléchir hors-cadre, d’individualiser un projet avec, bien entendu, toutes les imprécisions mais aussi tous les coups de génie que génère cette posture.

Précisons que cette évocation des grandes courses à la voile ne tient pas compte de l’aspect médiatique. C’est un parti-pris, car s’il est assez facile de citer des chiffres objectifs de lignes budgétaires, il est beaucoup plus délicat d’appréhender les aspects qualitatifs de l’impact médiatique d’un événement.